QUELQUES CHIFFRES REPÈRES

Concernant la production et la consommation de résine dans le monde...


La consommation planétaire de résine est variable et avoisine plus d'un million de tonnes annuellement.

Le premier producteur mondial est la CHINE avec plus de 75 % des parts de marché. Cependant, depuis 2011, cette dernière connait une décroissance de sa production avec une baisse très notable de 36 % (de 710.000 à 450.000 tonnes). Cette fluctuation a provoqué une grande variabilité des prix et une insécurité des approvisionnements de plus en plus menaçante.

Les autres pays producteurs sont principalement le Brésil, l'Indonésie, le Vietnam et l'lnde qui représentent ensemble 25 % du marché mondial.

Les industries consommatrices de résine sont à 90 % dépendantes de l'importation.

L'Europe consomme 264 000 tonnes de colophane, soit 22 % de la production mondiale, dont 164 000 tonnes de colophane de tall oil et 100 000 tonnes de colophane de gemme.

Elle produit 187 000 tonnes de colophane, dont 164 000 tonnes de tall oil, produits par la fabrication du papier kraft en Finlande, Suède, Autriche et en France (21 000 tonnes environ), 23 000 tonnes de colophane de gemme, issue du seul gemmage Européen (Espagne, Portugal et Grèce). Considérée comme une production marginale au Portugal, elle ne cesse de croître en Espagne depuis 2011, employant plus de 1 000 personnes en 2015.

Dans la seule région Aquitaine, la société landaise DRT importe plus 20.000 tonnes de gemme par an, qu'elle transforme au sein de sa filiale GRANEL.

L'Espagne et le Portugal, seuls pays européens continuant à récolter la résine, ont une production certes marginale, mais en progression. Ainsi l'Espagne a plus que doublé sa production de 6 à 14.500 tonnes entre 2012 et 2015 avec un millier de gemmeurs. Cela n'aurait pas été possible sans un ambitieux programme (SUST FOREST) de relance du gemmage soutenue par les fonds européen du FEDER. Plus modestement, le Portugal, bien que très touché par les incendies et les maladies (arrivée du nématode), est passé de 6 à 8.000 tonnes pour la même période.
Quoi qu'il en soit, sur un plan qualitatif, pour donner suite aux conclusions des divers travaux sur le sujet, il est avéré que la résine européenne (et notamment celle issue de nos forêts), dispose de caractéristiques potentiellement très intéressantes. Sa grande facilité de fractionnement en raison de sa forte composition en térébenthine et en colophane, en fait un produit de qualité recherché par les industriels.

Les rendements annuels par arbre peuvent être très différents suivant l'essence, le climat, la méthode de récolte, la nature du terrain, etc.
Ainsi, malgré sa position de leader, la CHINE souffre de rendements très faibles dans ses forêts (de l'ordre d'un a deux litres de résine par arbre et par an).
Au contraire, en Europe notamment, les rendements peuvent être bien supérieurs. Ainsi l'Espagne fait état de rendements de 3 à 4 litres avec des méthodes de récoltes encore en expérimentation et basées sur la méthode Hugues" (pots fixes à la base d'une longue blessure faite à l'arbre) utilisée depuis le 19° siècle.

Si la France (2ème producteur mondial dans les années 1930) a cessé de récolter dans le début des années 1990, ii est notable que deux sociétés procèdent des expérimentations de "récolte en vase clos" pour améliorer les techniques de collecte.

Ces premières études avec de nouveau procédés (depuis 2012) font apparaître que les blessures faites par ces nouvelles techniques n’ont pas d’incidences sur la santé des arbres.

Le taux de térébenthine issu de ces expérimentations est d’environ 30%. Ce taux est relativement élevé par rapport à d’autres résines standard importées.
On peut penser qu’une densité de 300 pins par hectare, de 40 à 50 ans, contribuerait à un gemmage efficace et définirait les critères les plus importants

Suite à la tempête KLAUS de 2009 en Aquitaine, cette densité a fortement chuté.
Sachant qu'il reste environ 170.000 hectares de pins de 40 à 80 ans actuellement, ii suffirait d'exploiter seulement 22,5 % de cette surface pour fournir les 18.000 tonnes de résine dont la DRT a besoin chaque année.

Le modèle économique en vigueur en Espagne pour l'exploitation de la récolte de la résine est structuré autour de travailleurs independants revendant a des entreprises de 1ere distillation (séparation de l'essence de térébenthine et de la colophane). Le travail de ces gemmeurs reste un travail saisonnier avec environ 8 mois d'activité.
Ces travailleurs indépendants sont regroupés au sein de coopératives liées aux institutionnels (Junte de Castilla y Leon).
A contrario, le modèle économique optimum français se bâtirait sur une exploitation plus courte de la collecte (environ 4 mois d'activité).

Au Brésil, ce sont les industries de seconde transformation qui possèdent les usines de distillation et qui emploient des gemmeurs pour la récolte.

La gemme, matière première renouvelable et biosourcée, est assurément un fabuleux projet socio-environnemental pour le sud-ouest de l’Europe.