UN PEU DE TECHNIQUE

Ne pas confondre la gemme ou résine avec la sève du pin.


LA GEMME
II ne faut pas confondre le produit qu'on appelle la gemme, ou résine, avec la sève du pin. La sève circule dans l'arbre, entre les racines et les feuilles, et sert au transport de l'eau et des substances nutritives. La gemme, elle, est un produit de cicatrisation que le pin élabore et tient en réserve dans ses canaux résinifères, et qu'il a la possibilité d'envoyer en réaction aux agressions : blessures, attaques d'insecte, etc.
Classiquement, cette résine est transformée en deux produits principaux, la colophane (≈ 70 %) et l'essence de térébenthine ("' 30 %) qui est une substance complexe composée d 'une multitude de molécules chimiques aux diverses propriétés, dominées par l'α-pinène (≈ 75 %), le β-pinène (≈ 15 %) et le limonène (≈ 2,5 %). Les systèmes anciens de distillation traditionnellement utilises dans le passé n'obtenaient que des résultats médiocres : 65 % de colophane, 15 à 20 % d'essence de térébenthine, et une forte proportion de déchets (≈ 15 à 20 %), et donc de pertes.

LA RÉCOLTE
Le gemmage moderne s'oriente vers des techniques de récolte en vase clos, à partir de piques (blessures spécifiques au gemmage) réalisées mécaniquement avec une fraise ronde. Autrefois de forme longue et droite, et parallèles au fut du pin, ces piques sont donc aujourd'hui de forme ronde. La résine s'écoule dans un récipient en plastique ou en verre fixe à l'arbre. Afin de prolonger la durée d'écoulement (limitée a quelques jours en conditions naturelles), ii est nécessaire de badigeonner la plaie avec un produit spécial. Après environ deux semaines d'écoulement, le gemmeur ouvre une nouvelle pique a proximité de la précédente puis ii y fixe le récipient. A la fin de la saison (qui peut durer de 5 à 7 mois selon le temps), tous les récipients sont rassemblés et la récolte est expédiée à la distillerie.

LA TRANSFORMATION
La première transformation consiste à distiller la résine afin d'en tirer les deux produits principaux : la colophane et !'essence de térébenthine.
II est possible d'effectuer une transformation plus fine afin d'extraire séparément diverses molécules (α-pinène, β-pinène et autres). Toutefois, plus on va loin dans ce processus, et plus le cout s'élève car il devient alors nécessaire de disposer d'équipements industriels très onéreux du fait de la complexité de ces opérations. Quel que soit le niveau de cette transformation, l’Ideal serait de la réaliser au plus près des lieux de récolte.

L’ESSENCE DE TÉRÉBENTHINE
L'essence de térébenthine est un produit liquide, volatil, très odorant, aux usages multiples, domestiques ou industriels, en utilisation pure ou mélangée ... Elle est plus recherchée que la colophane.

LA COLOPHANE
C'est elle (ou plutôt, ses dérives) qui est le véritable produit industriel tire de la gem me, entrant dans la composition des encres d'imprimerie, des adhésifs, des ciments-colle, des caoutchoucs, ... jusqu'au chewing-gum.
La colophane, mélange complexe de nombreux « acides résiniques » est un produit « vitreux » dur et cassant à température basse Jusqu’à une trentaine de degrés), se ramollissant au chauffage jusqu'à devenir fluide vers 70-80°c.
Note : les caractéristiques de ces deux composantes (essence de térébenthine et colophane) peuvent varier selon les lieux de production (territoires, types de sols, exposition, conditions climatiques...) : ii y a donc des crus.

LES PRODUITS DÉRIVÉS
Les substances issues de la résine sont utilisées depuis déjà bien longtemps dans une quantité infinie de produits artisanaux ou industriels gommes à mâcher, huiles essentielles, produits alimentaires divers, lutherie, isolants, produits ménagers, produits de nettoyage, produits pharmaceutiques, cosmétiques, vernis, parfumerie, peintures, diluants, colles, solvants, encres d'imprimerie, pneumatiques, restauration d'ouvres d'art, revêtements divers, etc...